COEUR D’HÉRAULT
L’apprentissage du français, un tremplin vers l’autonomie et l’insertion
À Clermont, des mots et des lettres pour gagner en autonomie
L’apprentissage du français, un tremplin vers l’autonomie et l’insertion
« Signer un papier sans savoir lire c’est dangereux. On pourrait aussi bien signer notre propre arrêt de mort sans s’en apercevoir », sourit Laaziza. Avec une dizaine d’autres élèves studieuses, la mère de famille suit des cours de FLI (Français Langue d’Intégration) proposés par la Société coopérative d’Intérêt collectif IFAD. « Veste, pull, pantalon… », ce vendredi matin, le professeur Jérémie Gallegos a proposé de travailler sur le vocabulaire des vêtements.
Mieux suivre la scolarité des enfants
« Apprendre à parler français est indispensable pour les rendez-vous, l’administration. Ici, les cours sont récents, mais c’est très efficace, on avance bien », apprécie une autre élève. Pour Siham, Amal, Naïma… pour toutes ces femmes allophones*, d’origine marocaine, algérienne, syrienne… les leçons sont aussi utiles pour « comprendre les messages que les écoles envoient, les e-mails, et aussi mieux suivre nos enfants dans leur scolarité ».
Depuis début octobre, l’IFAD dispense des cours de français dans le cadre d’une mission liée au dispositif QPV de la Ville de Clermont. « Nous avons beaucoup de demande de cours », témoigne Sidonie Lameyre, coordinatrice et responsable de secteur. Partant, deux groupes de personnes aux profils complètement différents ont été formés avec « une approche pédagogique totalement différente », précise Sidonie Lameyre.
« Dans l’autre groupe, ce sont des personnes qui savent lire et écrire dans leur propre langue mais ne connaissent pas le français », détaille le professeur, spécialisé dans l’alphabétisation. Ici, ce vendredi (en FLI), « il s’agit de personnes qui connaissent assez bien le français mais ont des difficultés à lire, écrire et ont besoin d’améliorer le français. Ce sont des personnes qui ont vraiment envie d’aller à l’école car elles n’ont pas pu y aller dans leurs pays d’origine. Elles devaient s’occuper de leurs frères, de leurs cousins. »
Un outil efficace d’insertion
In fine, ces cours sont aussi un tremplin vers l’emploi, « c’est vraiment la base de l’insertion », résume Sidonie Lameyre. Logiquement, ces femmes connaissent bien les applications de traduction numérique. « Ici, on essaie de ne pas utiliser cette béquille, il ne faut pas que cela devienne un réflexe. Mais, dans l’autre groupe, où il y a des personnes afghanes, turques, colombiennes et arabophones qui ne parlent pas du tout français, nous sommes obligés d’utiliser Google Trad ou de passer par l’anglais », précise Jérémie Gallegos.
L’apprentissage de « l’écriture est utile au quotidien mais aussi pour obtenir, selon les situations, le niveau de Français A2 qui est indispensable à l’obtention de la première carte de séjour pluriannuelle. Pour la carte de résident, il est nécessaire d’obtenir le niveau B1 », explique Sidonie Lameyre. Et en la matière, la donne a changé, les critères d’obtention se sont durcis.
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- Note : Missionnée par la Ville de Clermont, l’IFAD intervient dans le cadre du dispositif QPV (Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville) de Clermont-l’Hérault.







